Baisse de libido chez la femme : comment l'expliquer et la retrouver ?
Un jour, le désir est là. Puis, progressivement, ou parfois d'un coup, il s'efface. Pas d'envie, pas d'élan, parfois même une certaine indifférence face à ce qui animait avant. La perte de libido chez la femme est un sujet encore trop souvent tu, minimisé ou banalisé. Pourtant, elle concerne une femme sur trois à un moment ou un autre de sa vie. Ce guide est là pour en parler sans tabou, avec bienveillance, et surtout, pour vous aider à y voir plus clair.
Par Diane Deswarte
Le 07/07/2026 - Temps de lecture 9 min.


Sommaire
Qu'est-ce que la libido ? (Définition)
Désir, excitation et plaisir : trois notions à différencier
Pourquoi observe-t-on une baisse de libido chez la femme ?
Qu'est-ce qui provoque le désir chez la femme ?
Quelles sont les causes de la baisse de libido chez la femme ?
Comment faire revenir le désir chez la femme ?
Perte de libido : et si c'était aussi une invitation à se (re)découvrir ?
Questions fréquentes
Qu'est-ce que la libido ? (Définition)
La libido est souvent décrite comme une énergie orientée vers la recherche de plaisir, d'intimité et de connexion avec soi-même ou avec l'autre. Pourtant, lorsqu'il s'agit des femmes, les idées reçues sont nombreuses. Certaines seraient naturellement moins intéressées par la sexualité, d'autres devraient être constamment disponibles au désir de leur partenaire. En réalité, la sexualité féminine est beaucoup plus complexe et dynamique que ces stéréotypes ne le laissent penser.
Il est important de distinguer la libido du désir sexuel. La libido peut être vue comme une énergie globale, un élan vital qui nourrit l'ensemble de nos activités quotidiennes : travailler, créer, prendre soin de ses proches, entretenir ses relations sociales, mais aussi investir sa vie intime et sexuelle. Le désir sexuel constitue quant à lui la part de cette énergie qui se dirige vers l'érotisme et la sexualité.
Chez les femmes, comme chez les hommes, la libido et le désir ne sont jamais figés.
Ils évoluent continuellement sous l'influence de nombreux paramètres que l'on peut regrouper en trois grandes catégories :
- les facteurs biologiques et hormonaux (œstrogènes, progestérone, testostérone, variations du cycle menstruel, grossesse, post-partum, ménopause, etc.) ;
- les facteurs personnels et environnementaux (qualité du sommeil, charge mentale, santé physique et psychologique, stress, image corporelle, relation de couple, expériences passées, traumatismes éventuels, mode de vie...) ;
- la qualité et la satisfaction des expériences sexuelles. Lorsque les rapports ne procurent pas de plaisir, de sécurité ou de connexion émotionnelle, il est naturel que l'envie sexuelle ait tendance à diminuer.
Le désir sexuel résulte donc d'une multitude de facteurs qui interagissent entre eux. Il n'existe pas une fréquence idéale ou universelle des rapports sexuels. Certaines femmes ressentent du désir très souvent, d'autres beaucoup plus occasionnellement. Tant que cette situation ne génère ni souffrance personnelle ni difficulté relationnelle, elle n'a rien d'anormal.
La libido varie considérablement d'une femme à l'autre, mais également au cours de la vie d'une même femme. Les périodes de stress, les changements hormonaux, les événements de vie ou l'évolution de la relation peuvent modifier temporairement ou durablement le désir. Il n'existe donc pas de niveau de libido considéré comme « normal » pour toutes. Ce qui importe avant tout est votre propre vécu et la manière dont vous vous sentez par rapport à votre sexualité actuelle.
Le mot de la sexologue : une femme peut présenter un équilibre hormonal tout à fait satisfaisant et ressentir malgré tout une baisse de libido. À l'inverse, certaines femmes conservent un désir important malgré des variations hormonales marquées. Les hormones jouent un rôle réel, mais elles ne suffisent pas à expliquer à elles seules les fluctuations du désir sexuel.
Désir, excitation et plaisir : trois notions à différencier
Après avoir distingué la libido du désir, il est utile de préciser d'autres notions souvent confondues.
Le désir correspond à l'intérêt ou à l'envie de se tourner vers des pensées, des activités ou des expériences sexuelles. C'est la motivation qui oriente vers la sexualité.
L'excitation correspond aux réactions physiologiques et émotionnelles qui accompagnent cette dynamique : augmentation de la sensibilité corporelle, lubrification vaginale, accélération du rythme cardiaque, sensations de chaleur, réceptivité aux stimulations érotiques, émotions agréables, etc.
Contrairement à une idée répandue, désir et excitation ne sont pas toujours synchronisés. Une femme peut ressentir du désir sans que son corps ne réagisse immédiatement de façon visible. À l'inverse, certaines réactions physiologiques peuvent survenir sans véritable envie sexuelle. Cette différence entre ce que l'on ressent mentalement et ce que le corps exprime est connue sous le nom de non-concordance de l'excitation.
Le plaisir, enfin, correspond aux sensations agréables vécues pendant une expérience sexuelle. Il peut être physique, émotionnel ou relationnel. Les caresses, les mots, le sentiment de proximité, la complicité ou les sensations corporelles peuvent tous contribuer au plaisir.
Désir, excitation et plaisir constituent ainsi trois dimensions distinctes de la sexualité. Elles sont étroitement liées mais ne se confondent pas. Comprendre leurs différences permet souvent de mieux identifier ce qui fonctionne bien dans sa sexualité et ce qui mérite éventuellement d'être exploré ou amélioré.
Le mot de la sexologue : apprendre à distinguer la libido, le désir, l'excitation et le plaisir offre souvent une meilleure compréhension de son fonctionnement sexuel. Cette clarification peut aider à mettre des mots sur certaines difficultés, à repérer plus précisément les facteurs en jeu et à trouver des pistes d'accompagnement adaptées lorsque cela est nécessaire.
Pourquoi observe-t-on une baisse de libido chez la femme ?
La libido, c'est le désir sexuel. Mais chez la femme (chez l'homme aussi d'ailleurs), ce désir est rarement aussi simple qu'un interrupteur qu'on allume ou qu'on éteint. Il est multidimensionnel, fluctuant, profondément lié au contexte émotionnel, relationnel et corporel. C'est l'une des premières choses à comprendre, et à accepter.
Contrairement à ce que les représentations culturelles laissent souvent entendre, le désir féminin n'est pas systématiquement automatique ni spontané par nature.
Pour commencer, le désir peut également s'exprimer de différentes manières.
On distingue généralement :
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le désir spontané, qui apparaît de lui-même à partir de pensées, souvenirs, fantasmes, habitudes ou variations hormonales ;
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le désir réactif, qui se manifeste en réponse à un contexte favorable, à une proximité émotionnelle, à des gestes tendres, à une stimulation sensorielle ou à une situation érotique.
Ainsi, le fait de prendre fréquemment l'initiative d'un rapport sexuel ou d'intimité physique — ou au contraire de rarement l'initier — ne reflète pas nécessairement l'intensité du désir. Certaines femmes fonctionnent principalement sur un mode spontané, tandis que d'autres ressentent davantage un désir réactif.
Comprendre que son désir est réactif plutôt que spontané change tout. Cela signifie qu'on n'est pas « en panne », on a simplement besoin d'un contexte propice pour que l'envie émerge.
Qu'est-ce qui provoque le désir chez la femme ?
Le désir féminin naît d'un équilibre subtil entre ce qui l'active et ce qui le freine. Emily Nagoski (sexothérapeute américaine) décrit cela comme un système double : l'accélérateur (tout ce qui allume le désir) et le frein (tout ce qui l'inhibe). Selon les femmes, il y a plusieurs solutions : soit le frein est élevé, soit l'accélérateur est trop bas, soit les deux.
Exemples de ce qui peut activer le désir
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La sécurité émotionnelle : se sentir aimée, respectée, en confiance avec son partenaire
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Le bien-être corporel : se sentir bien dans son corps, pas nécessairement mince ou parfaite, mais habitée
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La détente mentale : un esprit libéré des préoccupations quotidiennes (travail, enfants, logistique)
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La nouveauté et la curiosité : un contexte différent, une attention inattendue, une surprise
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La stimulation sensorielle : toucher, odeurs, sons... le corps entier comme terrain de jeu
Exemples de ce qui peut freiner le désir
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Le stress chronique et la fatigue : les deux premiers coupeurs de désir
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L'image négative de son corps
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Les tensions relationnelles non résolues
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La peur du jugement ou de la performance
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Les douleurs physiques lors des rapports
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Les traumatismes
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Le manque de plaisir lors des rapports
Ce modèle éclaire pourquoi deux femmes dans des situations apparemment similaires peuvent vivre leur désir très différemment.
Quelles sont les causes de la baisse de libido chez la femme ?
Une baisse de libido n'arrive jamais par hasard. Elle est toujours le signe que quelque chose (dans le corps, la tête ou la relation) mérite attention. Voici les causes les plus courantes.
Les causes hormonales
Les hormones jouent un rôle central dans la libido féminine. Les œstrogènes, la progestérone et la testostérone (oui, les femmes en produisent aussi, en petites quantités) influencent directement le désir, la lubrification et la sensibilité génitale.
Plusieurs moments de vie entraînent des bouleversements hormonaux significatifs :
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La puberté : l'augmentation des hormones sexuelles (notamment les œstrogènes et, dans une moindre mesure, la testostérone produite par les ovaires et les glandes surrénales) peut contribuer à l'apparition ou à l'intensification de l'intérêt sexuel. Cependant, le désir varie fortement d'une personne à l'autre et dépend aussi de facteurs psychologiques, sociaux et relationnels.
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La grossesse et le post-partum : la chute brutale des œstrogènes après l'accouchement, combinée à l'allaitement (qui maintient la prolactine élevée et inhibe les œstrogènes), à l'épuisement et aux bouleversements identitaires liés à la maternité, crée un terrain particulièrement peu propice au désir. C'est normal, et cela passe, généralement.
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La périménopause et la ménopause : la diminution progressive des œstrogènes entraîne sécheresse vaginale, baisse de sensibilité, parfois douleurs lors des rapports... autant de facteurs qui refroidissent naturellement l'envie.
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La contraception hormonale : certains implants, stérilets ou pilules hormonales, en particulier celles contenant de la drospirénone ou d'autres progestatifs, peuvent réduire la libido chez certaines femmes en abaissant le taux de testostérone libre. Ce n'est pas systématique, mais mérite d'être exploré si la baisse coïncide avec un changement de contraceptif.
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Les troubles thyroïdiens : souvent sous-diagnostiqués, l'hypothyroïdie en particulier peut entraîner fatigue, dépression et baisse de libido.
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Les fluctuations du cycle : douleurs, fatigue, SPM, ovulation, règles... tout cela n'est pas une maladie mais peut impacter naturellement le désir sexuel.
Les causes psychologiques et émotionnelles
Le cerveau est le premier organe sexuel qui impacte sur l'intimité physique. Les causes psychologiques sont parmi les plus fréquentes et les plus sous-estimées :
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Le stress et l'épuisement : Le stress chronique élève le cortisol, hormone qui inhibe directement la production de testostérone et d'œstrogènes. Une femme épuisée n'a tout simplement plus d'énergie disponible pour le désir, et c'est une réponse biologique logique, pas un défaut.
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La dépression et l'anxiété : elles réduisent le plaisir de manière générale (anhédonie) et impactent directement la libido. Les antidépresseurs de type ISRS (inhibiteurs sélectifs de la recapture de sérotonine) peuvent eux-mêmes aggraver ce phénomène.
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L'image corporelle négative : difficile d'avoir envie quand on se sent mal dans son corps. La honte, le rapport difficile au miroir, les injonctions sociales à la minceur, tout cela s'invite dans la chambre à coucher.
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Un vécu traumatique : des expériences passées (agression, relation toxique, viol) peuvent laisser des traces profondes qui se manifestent notamment par une coupure avec le désir.
Les causes relationnelles
Dans une relation longue, la libido évolue naturellement. La phase de séduction intense des débuts (portée par la dopamine et la noradrénaline) laisse place à une chimie différente, plus douce, basée sur l'attachement. Ce n'est pas une panne : c'est une transition normale.
Mais certains facteurs relationnels peuvent vraiment freiner le désir :
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Conflits non résolus ou ressentiments accumulés ;
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Sentiment de ne pas être vue, entendue ou valorisée ;
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Charge mentale déséquilibrée (difficile d'avoir envie de son partenaire quand on se sent sa secrétaire et sa femme de ménage) ;
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Manque de communication sur les désirs et les besoins respectifs ;
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Déséquilibre de désir entre les partenaires, qui génère pression et culpabilité.
Les causes physiques et médicales
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Douleurs lors des rapports (dyspareunie, vaginisme, problèmes dermatologiques) : quand le sexe fait mal, le corps apprend à l'éviter ; les douleurs ont un fort impact sur le désir. Cela veut dire que le corps fonctionne bien : il n'est pas attiré par ce qui lui fait mal.
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Certains médicaments : antidépresseurs, antihypertenseurs, antihistaminiques, corticoïdes.
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Maladies chroniques : diabète, maladies cardiovasculaires, endométriose, SOPK, sclérose en plaques.
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Carences nutritionnelles : fer, zinc, vitamine D, des carences fréquentes qui impactent l'énergie globale et le désir.
Le mot de la sexologue : les douleurs, ça n'est pas dans la tête ! Et ça ne se soigne pas avec du lubrifiant et de la détente. N'hésitez pas à identifier des professionnels de santé qui peuvent vous accompagner, il existe souvent des solutions (kiné périnéale, exercices de respiration, exercices psychocorporels...). Faites-vous confiance.
Comment faire revenir le désir chez la femme ?
Il n'existe pas de recette universelle. Mais il existe des leviers — certains simples, d'autres plus profonds — qui permettent de renouer avec son désir. L'essentiel est d'avancer sans se forcer, sans culpabiliser, et en écoutant vraiment ce dont on a besoin.
1. Consulter un professionnel de santé
Une baisse de libido persistante mérite une consultation médicale, sans honte. Le médecin généraliste, le gynécologue ou l'endocrinologue peuvent explorer les causes hormonales ou médicales. Un sexologue ou un thérapeute de couple peut aider à démêler les causes psychologiques ou relationnelles. Ces professionnels existent pour ça et en parler est souvent déjà un premier soulagement.
Le mot de la sexologue : vous et votre partenaire avez les rôles principaux de votre sexualité. Le sexe n'est pas uniquement une affaire de connexion, c'est aussi une question de technique et de stimulations adaptées qui font du bien au corps. Le livre Jouissance Club de June Pla par exemple est un guide excellent pour élargir le champ des possibles.
2. Comprendre son fonctionnement
Pour commencer, il peut être pertinent d'interroger et de comprendre son rapport à la sexualité via une introspection menée par exemple, en sexothérapie. Ensuite, identifier les freins et les accélérateurs, intégrer la sensibilité envers les uns et les autres avant de passer à l'application.
3. Lever le pied du frein
Avant de chercher à « stimuler » la libido, la priorité est souvent de réduire ce qui l'étouffe. Cela peut vouloir dire : répartir les tâches et la charge mentale, poser des limites, travailler le rapport au corps, dormir davantage, soigner les douleurs, adresser un éventuel traumatisme, rassurer la perception de la sexualité comme un endroit de plaisir et de sécurité, prendre soin de sa santé mentale...
4. Appuyer sur l'accélérateur
Une fois les accélérateurs identifiés : ce qui me plaît vraiment, à moi et pas à mon ou ma partenaire, la manière dont on aime être touché, le contexte propice, les mots que l'on aime utiliser, les pratiques que l'on a envie d'explorer.. Alors on peut passer à la pratique, seule ou à deux.
5. Renouer avec son corps si besoin — seule, d'abord
Le désir commence dans le rapport à soi. Prendre du plaisir seule — par la masturbation, le soin du corps, la danse, le sport — permet de raviver la connexion sensorielle avec son propre corps. La pleine conscience appliquée à la sexualité (mindful sex) est une approche de plus en plus documentée : porter attention aux sensations du corps, sans objectif de performance, rouvre souvent des chemins que le mental avait fermés.
Le mot de la sexologue : le plaisir solitaire est une pratique à part entière, et même si elle peut aider dans le processus, elle n'est absolument pas une injonction ! Moins de contraintes, plus de plaisir sont les mots d'ordre pour avancer dans l'épanouissement de votre sexualité.
6. Parler — vraiment parler
Dans une relation de couple, la communication (efficace) est peut-être le levier le plus puissant. Non pas pour « planifier » le sexe (bien que ça puisse aider), mais pour exprimer ce qu'on ressent, ce qui nous manque, ce qui nous freine. Beaucoup de femmes n'ont jamais dit à leur partenaire ce qui leur plaît vraiment ou ce qui les coupe du désir. Cette conversation, même maladroite, peut changer beaucoup de choses. Plus vous échangerez, moins le sujet de la sexualité vous semblera tabou.
7. Réinventer la routine intime
Pour de nombreuses personnes, la routine est l'ennemi du désir. Pas parce que la stabilité est mauvaise, mais parce que le désir a souvent besoin d'une petite dose de nouveauté pour s'éveiller. Cela ne signifie pas forcément des expériences extrêmes, parfois, changer de lieu, d'heure, d'ambiance suffit. Prendre le temps des préliminaires, de la tendresse, de la connexion émotionnelle avant la sexualité physique est souvent plus efficace que n'importe quel aphrodisiaque.
Le mot de la sexologue : pensez à vous inspirer et à impliquer votre partenaire : livres, podcasts, documentaires, de nombreuses ressources existent pour que vous puissiez trouver la recette qui vous convient.
8. Explorer les compléments alimentaires
Certaines plantes et compléments sont traditionnellement utilisés pour soutenir la libido féminine, avec des niveaux de preuves variables :
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Le maca (Lepidium meyenii) : plante andine dont plusieurs études suggèrent un effet positif sur le désir féminin, notamment chez les femmes sous antidépresseurs.
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L'ashwagandha : adaptogène qui réduit le cortisol et améliore la réponse sexuelle dans certaines études.
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Le ginseng rouge : utilisé en médecine traditionnelle asiatique, il montre des résultats encourageants sur l'excitation et la satisfaction sexuelle.
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Le zinc et la vitamine D : une supplémentation en cas de carence peut avoir un effet positif sur l'énergie et le désir.
Ces aides peuvent être un coup de pouce, mais elles ne résolvent pas les causes profondes. Elles fonctionnent mieux en complément d'une démarche globale. Les compléments alimentaires ont souvent une action mécanique sur les hormones et/ou l'afflux sanguin : les causes psycho-sexo, le plus souvent impliquées ne sont pas adressées par ces produits. Également, restez attentifs à certains effets secondaires.
Perte de libido : et si c'était aussi une invitation à se (re)découvrir ?
Une baisse de libido, si elle est inconfortable, peut aussi être une invitation. Une invitation à écouter son corps, à réévaluer ce dont on a besoin, à oser parler de ce qu'on ressent vraiment et peut être à traiter les gênes sous-jacentes. Beaucoup de femmes qui ont traversé cette période témoignent en être sorties avec une connaissance d'elles-mêmes plus profonde et une sexualité plus authentique.
Il n'y a pas de norme en matière de désir. Certaines femmes ont naturellement une libido basse et s'en accommodent très bien. D'autres vivent leur sexualité comme un pilier de leur épanouissement. L'essentiel n'est pas de rentrer dans une case, mais d'être en accord avec soi-même, et, si on est en couple, avec son partenaire.
Le mot de la sexologue : lorsqu'on fait un travail de connaissance de soi en sexothérapie, on se peut se rendre compte que le sujet n'est pas une baisse de désir, mais un écart de désir. Ne pas avoir envie autant que votre partenaire ne signifie pas que vous n'êtes pas normale ! Par ailleurs, en cas d'écart de désir, c'est la fréquence de la personne qui a le moins envie qu'il faut respecter, au risque de basculer dans une dynamique de contraintes et de rapports non consentis. Vous l'aurez compris, l'objectif n'est pas d'avoir plus de rapports, mais d'identifier la vitesse de croisière qui vous convient, d'oser poser vos limites pour explorer en sécurité.
Questions fréquentes
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▼Les contenus de cet article ont été relus et enrichis par une sexologue dans le cadre de la rédaction des encarts “Le mot de la sexologue”. Ces éléments apportent un éclairage complémentaire d’ordre psycho-sexologique et ne constituent pas un avis médical ni une prise en charge individuelle. Pour toute question relative à votre santé ou à une situation personnelle, il est recommandé de consulter un professionnel de santé qualifié.





















