Comment se débarrasser du psoriasis du cuir chevelu ?
Squames visibles, rougeur cutanée, démangeaisons persistantes, sensation de brûlure… le psoriasis du cuir chevelu peut peser lourd sur le quotidien. Si cette maladie chronique ne se guérit pas, elle se gère. Avec les bons gestes, les bons produits et une routine adaptée, il est tout à fait possible de réduire les poussées et de retrouver un confort durable. Ce guide pratique, destiné aux personnes concernées, vous accompagne pas à pas dans la prise en charge du psoriasis au quotidien.
Par Claire Baudy
Le 29/07/2026 - Temps de lecture 8 min


Peut-on vraiment faire partir le psoriasis du cuir chevelu ?
Le psoriasis est une maladie chronique qui atteint les cellules de la peau. Cela signifie qu'il n'existe pas, à ce jour, de traitement qui l'éradique définitivement. La cause profonde — le dérèglement du système immunitaire — reste présente dans l'organisme.
Ce qui est possible, en revanche, c'est la rémission.
La rémission, c'est une période pendant laquelle les symptômes disparaissent complètement ou quasi complètement. Certaines personnes n'ont plus de plaques de psoriasis visibles pendant des mois, voire des années. Pour elles, au quotidien, c'est comme si la maladie n'existait plus.
Ces rémissions peuvent être obtenues grâce à :
-
un traitement médical adapté (corticoïdes locaux, analogues de la vitamine D, photothérapie) ;
-
une hygiène de vie qui limite les déclencheurs (stress, alcool, tabac) ;
-
une routine de soins régulière et bien choisie.
Mais la maladie peut revenir. Une poussée peut survenir à l'occasion d'un stress intense, d'un choc émotionnel, d'une infection, d'un changement de saison ou sans raison apparente. C'est le propre du psoriasis : il évolue par cycles.
Le bon objectif n'est pas de "guérir" le psoriasis, mais d'apprendre à le gérer — pour réduire les poussées, les espacer dans le temps et minimiser leur impact sur la vie quotidienne. Rappelons également que le psoriasis n'est pas contagieux.
En savoir plus : Quelles sont les causes du psoriasis ?
Comment enlever le psoriasis du cuir chevelu ?
On ne peut pas vraiment "enlever" le psoriasis du cuir chevelu — c'est une maladie chronique qui n'a pas de remède définitif. Mais c'est loin d'être une fatalité.
Ce qu'on peut faire, c'est adopter une routine régulière qui permet de réduire les plaques, calmer les démangeaisons et espacer les poussées — au point que, dans les bons moments, le psoriasis devient presque invisible.
L'atteinte du cuir chevelu est fréquente dans le développement du psoriasis. Cette localisation est évolutive et souvent difficile à traiter. Visible par les squames qui se détachent et très irritant, ce psoriasis peut être particulièrement gênant pour la personne atteinte. Il n'est pas toujours caractéristique et peut s'apparenter à un état pelliculaire plus ou moins sévère. Sa progression peut se localiser sur la zone occipitale de la tête et s'étendre jusqu'à la lisière du cuir chevelu. Il peut être associé à une atteinte du visage, plus précisément au niveau du front et autour du nez.
Concrètement, cette routine repose sur quelques piliers simples :
-
Un shampooing adapté — doux, sans sulfates, ou enrichi en actifs ciblés (goudron de houille, zinc pyrithione, acide salicylique).
-
Des masques huileux avant lavage pour ramollir les squames sans gratter.
-
Des gestes doux au quotidien — eau tiède, pas d'ongles sur le cuir chevelu, séchage à basse température.
-
La gestion du stress, l'un des principaux déclencheurs.
-
Une alimentation équilibrée, pauvre en aliments pro-inflammatoires.
Et si les soins à domicile ne suffisent plus, un dermatologue peut vous donner un diagnostic précis et vous prescrire des traitements locaux efficaces pour retrouver une peau apaisée.
Routine en 7 étapes pour soulager le psoriasis du cuir chevelu
1. Choisir un shampooing doux ou médicamenteux adapté
Le choix du shampooing est souvent sous-estimé. Pourtant, c'est le soin le plus régulier que vous appliquez au niveau du cuir chevelu, et il peut soit aggraver les symptômes, soit contribuer à les calmer. Quelques principes de base s'imposent.
Les formules contenant des sulfates (SLS, SLES), des parabènes ou des parfums synthétiques peuvent irriter un cuir chevelu déjà fragilisé. Préférez des shampooings dits « doux », sans sulfates, formulés pour les peaux sensibles ou réactives. Ils nettoient efficacement sans décaper le film hydrolipidique protecteur.
Certains ingrédients ont fait leurs preuves pour réduire les squames et apaiser les démangeaisons :
-
Le goudron de houille (coal tar) : l'un des actifs les plus anciens et les plus efficaces. Il ralentit la prolifération cellulaire et réduit les squames. Son odeur particulière peut rebuter, mais son efficacité est bien documentée.
-
Le zinc pyrithione : antifongique et antibactérien, il limite les squames et calme les inflammations légères. Souvent présent dans les shampooings antipelliculaires.
-
L'acide salicylique : kératolytique, il aide à décoller les squames et à préparer le cuir chevelu à absorber les traitements locaux. Idéal en cure courte.
-
Le kétoconazole : antifongique utilisé notamment lorsque le psoriasis est associé à une prolifération de levures.
-
Le sélénium sulfure : alternative au kétoconazole, il réduit le turnover cellulaire et agit contre les levures.
En cas de doute sur le produit le plus adapté à votre situation, n'hésitez pas à demander conseil à votre pharmacien ou dermatologue : un shampoing bien choisi, utilisé régulièrement, peut faire une différence réelle sur le confort de votre cuir chevelu au quotidien.
En savoir plus : Quel est le meilleur shampoing contre le psoriasis ?
2. Adopter une technique de lavage douce (tiède, sans gratter, rinçage complet)
Les shampooings médicamenteux ou dermo-cosmétiques s'utilisent en cure (deux à trois fois par semaine pendant quelques semaines), puis en entretien si nécessaire. Il est conseillé de les laisser poser deux à trois minutes avant de rincer pour optimiser leur efficacité.
La façon dont vous vous lavez les cheveux compte autant que les produits utilisés. Massez doucement le cuir chevelu du bout des doigts (pas des ongles), en mouvements circulaires. Évitez de gratter, même si les démangeaisons sont fortes — cela aggrave l'inflammation et peut créer de petites lésions favorisant les infections. Rincez abondamment à l'eau tiède, jamais trop chaude, et séchez vos cheveux à l'air libre ou au sèche-cheveux en position froide ou tiède, à bonne distance du cuir chevelu.
3. Appliquer des huiles ou lotions pour ramollir les squames et croûtes
Prendre soin de son cuir chevelu ne se résume pas au shampoing. Entre les lavages, plusieurs gestes permettent de maintenir un équilibre et de limiter l'apparition de nouvelles plaques. Appliquer une huile végétale sur les zones touchées, une à deux heures avant le lavage (voire la veille au soir), est une pratique simple et efficace. L'huile permet de ramollir les squames épaisses, facilitant leur élimination au lavage sans gratter. Elle nourrit également le cuir chevelu et renforce la barrière cutanée.
Parmi les huiles les plus adaptées :
-
L'huile de coco (coprah) : antibactérienne et hydratante, elle est l'une des plus utilisées pour le psoriasis.
-
L'huile de jojoba : proche du sébum naturel, elle régule la production sébacée et apaise les irritations.
-
L'huile d'argan : riche en vitamine E et en acides gras, elle nourrit intensément sans alourdir.
-
L'huile de nigelle (cumin noir) : connue pour ses propriétés anti-inflammatoires, particulièrement appréciée pour les cuirs chevelus réactifs.
Réchauffez légèrement l'huile entre vos mains avant application, répartissez-la sur les zones à traiter, couvrez d'un bonnet de bain ou d'une serviette chaude pour faciliter la pénétration, puis lavez comme d'habitude.
Il existe des produits formulés pour être laissés sur le cuir chevelu sans rinçage : lotions à base d'aloe vera, sérums aux actifs anti-inflammatoires (extrait de réglisse, panthénol, niacinamide). Ils s'appliquent directement sur le cuir chevelu sec ou légèrement humide, en massage doux. Leur légèreté permet un usage quotidien sans alourdir les cheveux.
En revanche, les huiles essentielles doivent être utilisées avec précaution. Certaines peuvent faire l'objet de contre-indication, notamment en cas de crise de psoriasis aiguë. En effet, leur mauvaise utilisation peut être à l'origine de l'aggravation de la maladie. Faites-vous accompagner de professionnels de santé formés qui peuvent vous recommander des solutions adaptées à vos besoins, afin d'éviter certains effets indésirables.
4. Utiliser des accessoires capillaires doux et adaptés
Au-delà des soins, certains comportements et habitudes de vie ont un impact direct sur la fréquence et l'intensité des poussées :
-
Préférez un peigne à dents larges ou une brosse à poils naturels souples, qui démêlent sans arracher ni irriter.
-
Évitez les élastiques métalliques ou à bords vifs qui peuvent créer des micro-traumatismes sur le cuir chevelu.
-
Optez pour des matières respirantes (coton, lin) et lavez-les régulièrement si vous portez des couvre-chefs.
-
Démêlez vos cheveux secs ou légèrement humides, jamais mouillés — ils sont alors plus fragiles et le geste plus traumatisant pour le cuir chevelu.
Ces ajustements peuvent sembler anodins, mais appliqués au quotidien, ils réduisent les micro-traumatismes qui peuvent déclencher le phénomène de Koebner — et donc de nouvelles poussées sur les zones fragilisées.
5. Faire preuve de prudence avec les traitements chimiques et surveiller les températures
Le froid sec dessèche le cuir chevelu et peut favoriser les poussées. En hiver, couvrez-vous la tête avec un bonnet en matière douce (coton ou laine merinos fine), en veillant à le laver régulièrement. À l'inverse, une exposition solaire modérée peut être bénéfique : les rayons UVB ont un effet anti-inflammatoire reconnu. Mais attention, les coups de soleil sur le cuir chevelu peuvent déclencher une poussée (c'est le phénomène de Koebner, qui désigne l'apparition de lésions sur une zone traumatisée). En été, utilisez un spray protecteur capillaire avec filtre UV ou couvrez-vous d'un chapeau à larges bords.
Les colorations permanentes, les décolorations et les permanentes sont des procédés agressifs pour tout cuir chevelu, et davantage encore pour un cuir chevelu psoriasique. Les produits chimiques peuvent déclencher ou aggraver une poussée. Si vous souhaitez vous colorer les cheveux, attendez une rémission complète, privilégiez les colorations sans ammoniaque ou les hennés naturels, et réalisez toujours un test de tolérance sur une petite zone 48 heures avant. Informez également votre coiffeur de votre condition.
6. Gérer activement le stress (sport, respiration, sommeil)
Le stress est l'un des déclencheurs les plus fréquents et les plus documentés du psoriasis. Sur le plan biologique, le stress active le système nerveux sympathique et provoque la libération de molécules inflammatoires (neuropeptides, cytokines) qui peuvent déclencher ou amplifier une poussée. C'est un cercle vicieux bien connu : le psoriasis génère du stress (notamment par ses impacts sur l'image de soi et le regard des autres), et le stress aggrave le psoriasis.
Voici quelques pistes adaptées à différents profils :
-
La méditation de pleine conscience (mindfulness) : des études ont montré qu'elle pouvait réduire la fréquence des poussées chez les personnes atteintes de psoriasis. Même 10 minutes par jour peuvent faire une différence.
-
L'activité physique régulière : elle réduit les marqueurs inflammatoires, améliore l'humeur via la libération d'endorphines, et régule le sommeil. Marche, natation, yoga, vélo — l'essentiel est la régularité.
-
Le sommeil : insuffisant ou de mauvaise qualité, il amplifie les réponses inflammatoires. Respecter des horaires réguliers et soigner son environnement de sommeil est un investissement direct pour sa peau.
-
La cohérence cardiaque : technique de respiration simple (6 inspirations et expirations par minute pendant 5 minutes), elle régule rapidement le système nerveux autonome et réduit le cortisol.
-
L'accompagnement psychologique : si le psoriasis impacte fortement votre qualité de vie et votre confiance en vous, consulter un psychologue ou rejoindre un groupe de parole (comme ceux proposés par l'association France Psoriasis) peut être précieux.
Gérer son stress ne guérira pas le psoriasis, mais c'est l'un des leviers les plus puissants à votre disposition pour espacer les poussées, en réduire l'intensité — et retrouver une meilleure qualité de vie au quotidien.
Le psoriasis est un tatouage d'émotions non exprimées, non digérées. Ainsi toute forme de psoriasis et plus largement toute manifestation cutanée doivent inciter votre dermatologue, votre naturopathe ou tout professionnel de santé qui vous accompagne, à s'inéresser à votre état psychologique et émotionnel. Quel message la meau souhaite transmettre ? Quelle est la cause interne de cette manifestation externe ?
7. Adopter une alimentation anti-inflammatoire et s'hydrater suffisamment
Si aucun régime alimentaire n'a prouvé à lui seul qu'il guérissait le psoriasis, plusieurs études suggèrent qu'une alimentation équilibrée, pauvre en aliments pro-inflammatoires, peut contribuer à réduire la fréquence des poussées.
Dans le cas du psoriasis, s'attaquer aux manifestations externes de la peau ne suffit pas. Tant que l'inflammation systémique est présente, le psoriasis persiste. Un psoriasique doit comprendre et accepter pleinement le fait que consommer ou éviter certains aliments est essentiel pour sa santé.
Ce qu'il vaut mieux limiter :
-
L'alcool : reconnu comme facteur aggravant, il augmente la perméabilité intestinale et stimule la réponse inflammatoire. Plusieurs études ont établi un lien entre consommation d'alcool et aggravation du psoriasis.
-
Les sucres raffinés et les aliments ultra-transformés : ils favorisent l'inflammation chronique de bas grade.
-
Les graisses saturées en excès : présentes dans la charcuterie, les fritures, certains produits laitiers gras.
-
Le tabac : fumeur ou non, le tabagisme est associé à une forme plus sévère de psoriasis et à une moindre réponse aux traitements.
Ce qu'il est bénéfique d'intégrer :
-
Les oméga-3 : présents dans les poissons gras (saumon, maquereau, sardines), les noix et les graines de lin, ils ont des propriétés anti-inflammatoires documentées.
-
Les fruits et légumes colorés : riches en antioxydants (bêta-carotène, vitamine C, polyphénols), ils luttent contre le stress oxydatif.
-
La vitamine D : souvent insuffisante chez les personnes atteintes de psoriasis, elle joue un rôle immunomodulateur. Un bilan sanguin et, si nécessaire, une supplémentation peuvent être utiles (à discuter avec votre médecin).
-
L'hydratation : boire suffisamment d'eau (1,5 à 2 litres par jour) contribue à maintenir la souplesse cutanée et à soutenir les fonctions de détoxification de l'organisme.
L'alimentation ne remplace pas un traitement médical, mais elle constitue un levier complémentaire concret : chaque ajustement dans votre assiette est un geste supplémentaire en faveur de votre peau — et de votre santé globale.
Par ailleurs, des études ont montré que l'alimentation méditerranéenne, riche en fruits, en légumes et en huile d'olive, raisonnable en viande rouge, fournie en produits de la mer et avec des céréales complètes, a un impact positif sur le psoriasis et réduit les poussées.
Quand consulter un dermatologue ?
Les gestes quotidiens sont essentiels, mais ils ne remplacent pas un suivi médical.
Certaines situations nécessitent l'avis ou l'intervention d'un spécialiste :
-
Les plaques sont très épaisses, douloureuses ou saignent.
-
Les démangeaisons perturbent le sommeil ou la vie professionnelle.
-
Vous observez une chute de cheveux notable.
-
Les produits dermo-cosmétiques ne suffisent plus à contrôler les symptômes.
-
Le psoriasis s'étend à d'autres zones du corps.
Le dermatologue peut prescrire des traitements locaux adaptés : corticoïdes en lotion ou en mousse (pour une efficacité rapide sur les poussées), analogues de la vitamine D (calcipotriol), ou une association des deux. En cas de psoriasis sévère, des traitements systémiques (médicaments par voie orale ou injections) peuvent être envisagés.
La photothérapie (exposition contrôlée aux UVB) est une autre option efficace, proposée en milieu hospitalier ou en cabinet spécialisé. Elle convient particulièrement aux formes étendues et résistantes aux traitements locaux.
N'hésitez pas à tenir un journal de vos poussées : notez les facteurs déclenchants que vous observez, les produits qui vous conviennent, les périodes de stress. Ce recueil d'informations personnelles est un outil précieux, tant pour affiner votre routine que pour en parler avec votre médecin.








Connexion / Inscription
Saisissez votre e-mail pour vous connecter ou créer un compte