À quoi sert la vitamine D ?

Par Eloïse Dubois-Gâché

Le 20/10/2015 - Temps de lecture 11 min.

La vitamine D est l’un des compléments les plus souvent prescrits, en particulier durant les mois d’hiver, lorsque l’ensoleillement ne suffit plus à couvrir nos besoins. Indispensable à de nombreuses fonctions de l’organisme, elle fait pourtant défaut chez une large partie de la population. Mais à quoi sert vraiment la vitamine D et pourquoi est-elle si essentielle à notre santé ? Comment savoir si l’on en manque et sous quelle forme la prendre ? Faisons le point sur son rôle et ses bienfaits.

Qu'est-ce que la vitamine D ?

Définition

Souvent appelée vitamine du soleil, la vitamine D est une vitamine liposoluble et elle joue un rôle essentiel dans le bon fonctionnement de l’organisme. Elle est produite majoritairement par la peau sous l’effet des rayons UVB : lorsque ceux-ci pénètrent l’épiderme, ils transforment un dérivé du cholestérol (7-déhydrocholestérol) en vitamine D3, ensuite activée par le foie puis les reins. Les rayons UVA, plus abondants, n’interviennent pas dans cette synthèse, ce qui explique pourquoi seule une exposition aux UVB, suffisante et non filtrée (sans crème solaire, à certaines heures), permet à l’organisme de fabriquer cette vitamine.

La vitamine D agit sur de nombreux systèmes physiologiques.

Ses principaux bienfaits consistent à :

  • Favoriser l’absorption et l’utilisation du calcium et du phosphore ;

  • Contribuer au maintien d’une ossature normale ; 

  • Soutenir le fonctionnement du système immunitaire

  • Participer au maintien d’une fonction musculaire normale ; 

  • Intervenir dans le processus de division cellulaire.

Reste à savoir où la trouver, sous quelle forme et à quel moment la prendre pour en tirer tous les bénéfices.

Vitamine D2 vs D3 : quelles différences ?

Lorsque l'on parle de vitamine D sous forme de complément, on distingue 2 principales formes :

  • La vitamine D2 (ergocalciférol) : elle est d’origine végétale, produite par certains champignons et levures exposés aux UVB. Elle convient aux personnes suivant un régime végétarien ou végan.

  • La vitamine D3 (cholécalciférol) : elle est la forme naturellement synthétisée par notre peau sous l’effet du soleil. Elle peut être d’origine animale (lanoline issue de la laine de mouton) ou végane, lorsqu’elle est extraite du lichen.

La vitamine D3 est généralement considérée comme plus efficace et mieux assimilée par l’organisme que la D2, ce qui en fait la référence dans la majorité des compléments alimentaires.

Où trouver de la vitamine D ?

Plusieurs sources permettent de couvrir nos besoins en vitamine D :

  • La synthèse cutanée : sous l’effet des UVB, notre peau produit naturellement de la vitamine D3. En été, une exposition quotidienne de 15 à 20 minutes des bras et du visage peut suffire, idéalement le matin ou en fin d’après-midi afin d’éviter les heures les plus chaudes. En revanche, cet apport chute fortement en hiver ou en cas d’utilisation systématique de crème solaire.

  • L’alimentation : certains aliments en apportent, même si cela reste limité. On la retrouve surtout dans les poissons gras (saumon, maquereau, sardine), les produits laitiers enrichis, les jaunes d’œufs, ainsi que certains champignons (pour la D2).

  • Les compléments alimentaires : disponibles sous forme de gouttes, sprays ou gélules, ils permettent de maintenir un taux satisfaisant de vitamine D ou de couvrir les besoins lorsque l’exposition au soleil et l’alimentation ne suffisent pas.

Vous pouvez retrouver une sélection des meilleurs compléments alimentaires de vitamine D en parapharmacie directement sur notre site ou au sein d’une pharmacie Boticinal.

Pourquoi prendre de la vitamine D ?

Souvent réduite à son rôle dans la santé des os, la vitamine D intervient en réalité dans de nombreux processus essentiels. On vous explique à quoi sert la vitamine D dans le corps.

Favoriser l’absorption du calcium et du phosphore

La vitamine D est essentielle au métabolisme osseux. Elle facilite l’absorption du calcium et du phosphore au niveau de l’intestin et leur fixation dans les os. En clair, sans la vitamine D, le calcium reste mal assimilé, ce qui peut déséquilibrer le taux calcium dans le sang.

C’est aussi pour cette raison que la vitamine D peut être prescrite dans la prise en charge de l’hypocalcémie, afin de corriger le déficit en calcium lié à une mauvaise absorption.

Les autorités de santé fixent les besoins quotidiens en vitamine D autour de 600 UI (15 microgrammes par jour), mais ces apports varient selon l’âge, l’exposition au soleil et certains facteurs individuels comme le phototype (c’est-à-dire la couleur et la sensibilité de la peau) ou l’alimentation. 

Prévenir les maladies osseuses

Une carence en vitamine D est directement responsable de rachitisme chez l’enfant, une maladie qui entraîne des déformations osseuses liées à une mauvaise minéralisation osseuse.

Chez l’adulte, elle favorise l’ostéomalacie (une déminéralisation osseuse douloureuse) et augmente les risques de fracture, notamment chez les personnes âgées et les femmes ménopausées dont la densité osseuse diminue. 

Les besoins sont également renforcés chez les jeunes en croissance. Même avec une alimentation riche en poissons gras, foie de morue ou produits laitiers, l’apport reste limité et ne permet pas toujours d’éviter un déficit.

Soutenir le système immunitaire

La vitamine D joue un rôle central dans la régulation des défenses immunitaires. Elle contribue à une meilleure capacité de l’organisme à répondre aux infections et intervient dans le contrôle de la réponse inflammatoire.

Plusieurs études menées sur la population française montrent qu’une grande partie présente des déficits en vitamine D, surtout durant les mois d’hiver. Dans ces conditions, une supplémentation adaptée peut participer à la prise en charge de certaines fragilités immunitaires, toujours sous contrôle médical.

Bon à savoir : des études observationnelles ont suggéré un lien entre déficit en vitamine D et risque accru d’infections respiratoires aiguës, notamment en hiver. Certaines données laissent penser qu’une supplémentation régulière (quotidienne ou hebdomadaire) pourrait apporter un coup de pouce pour réduire ce risque, mais les résultats restent hétérogènes. Des essais cliniques supplémentaires sont nécessaires pour confirmer un véritable effet préventif, en particulier concernant le COVID-19.

Contribuer au bon fonctionnement musculaire

Un statut vitaminique suffisant en vitamine D est indispensable au maintien de la force et du tonus musculaire. En cas de carence, on peut observer une baisse de tonus musculaire, une fatigue intense ou encore des crises de tétanie (dans les cas les plus grave) liées au manque de calcium disponible.

La vitamine D agit à plusieurs niveaux :

  • elle régule le calcium intracellulaire, essentiel à la contraction musculaire ;

  • elle favorise la synthèse protéique et participe au maintien de la masse maigre ;

  • elle réduit le risque de diminution de la masse musculaire liée à l’âge.

Chez les sportifs, un bon statut en vitamine D soutient la récupération et peut contribuer à limiter certains risques de blessure. Une étude récente souligne également son intérêt dans l’amélioration de la fonction musculaire après chirurgie ou en phase de rééducation.

Chez les seniors, la vitamine D aide à préserver la force et l’équilibre, ce qui contribue à réduire le risque de chute et de fracture. Associée à une activité physique régulière, elle favorise une fonction musculaire normale et limite la diminution de la masse avec l'âge.

Participer à la régulation de nombreux gènes

La vitamine D ne se limite pas à son rôle dans les os ou l’immunité : elle agit aussi comme un chef d’orchestre au niveau cellulaire. Une fois activée dans l’organisme, elle se fixe sur un récepteur présent dans de nombreuses cellules et peut ainsi influencer l’expression de plusieurs centaines de gènes.

Ces gènes interviennent dans des processus essentiels comme la croissance des cellules, la réparation des tissus, la réponse inflammatoire ou encore la défense immunitaire. C’est ce qui explique pourquoi la vitamine D suscite autant d’intérêt dans la recherche sur les maladies chroniques.

Certaines études suggèrent un lien entre un bon statut en vitamine D et un risque plus faible de pathologies comme certains cancers du sein. Mais les résultats restent contradictoires : on ne peut pas encore parler d’effet protecteur prouvé. Des études complémentaires sont indispensables pour mieux comprendre son rôle exact.

Influencer l’humeur et la santé mentale

Un déficit en vitamine D est régulièrement associé à des troubles de l’humeur, allant de la simple baisse de moral à un risque accru de dépression saisonnière, particulièrement en hiver lorsque la production cutanée chute avec le manque de soleil.

À lire aussi : Les cures à faire durant l'hiver.

Les mécanismes supposés incluent la modulation de la sérotonine (appelée aussi hormone du bonheur) et le contrôle de la réponse inflammatoire. Sans constituer un traitement de la dépression, maintenir un taux de vitamine D adéquat peut contribuer au bien-être psychique.

Un essai contrôlé randomisé récent mené en Inde chez des adolescents en milieu rural a montré qu’une supplémentation en vitamine D3 (2250 UI pendant 9 semaines) réduisait significativement les scores de dépression chez les enfants et adolescents.

Conseil d'expert : si la vitamine D joue un rôle important, elle n’est pas la seule vitamine à intervenir dans le bien-être et le développement de l’enfant. D’autres nutriments comme la vitamine C ou certaines vitamines du groupe B contribuent aussi à soutenir ses défenses et son équilibre. Dans ce cadre, une cure de vitamines pour les enfants peut être envisagée, toujours avec l’accompagnement d’un professionnel de santé.

Sous quelle forme prendre la vitamine D pour bénéficier de ses bienfaits ?

La vitamine D existe sous plusieurs formes galéniques. Le choix dépend surtout de vos préférences, de votre âge et de la régularité de la prise.

Toutes sont efficaces si elles sont bien dosées, mais certaines offrent une meilleure tolérance ou praticité :

  • Les gouttes huileuses : très bien assimilées car la vitamine D est liposoluble, elles permettent un dosage précis, adaptées aussi aux nourrissons et enfants.

  • Les sprays : faciles à utiliser, pratiques pour ceux qui n’aiment pas avaler de gélules. L’absorption sublinguale peut être intéressante.

  • Les gélules ou capsules molles : souvent formulées avec une huile, elles garantissent une bonne assimilation et conviennent à une prise quotidienne régulière.

  • Les comprimés secs : ils sont moins bien absorbés que les formes huileuses, mais restent une option.

  • Les ampoules : concentrées, elles étaient autrefois largement prescrites. Leur utilisation est aujourd’hui moins privilégiée, car les fortes doses ponctuelles entraînent des variations importantes du taux sanguin.

En pratique, les formes huileuses (gouttes, sprays, gélules molles) sont celles qui offrent la meilleure biodisponibilité. Le choix final doit se faire avec l’avis d’un professionnel de santé, selon vos besoins et votre mode de vie.

Questions fréquentes

Quels aliments contiennent de la vitamine D ?

Quels sont les signes d’un manque de vitamine D ?

Peut-on se procurer une cure de vitamine D sans ordonnance ?

Quels sont les effets secondaires d'un surdosage en vitamine D ?

La vitamine D joue-t-elle un rôle dans la prévention du cancer ?

Sources :

https://www.santepubliquefrance.fr/determinants-de-sante/nutrition-et-activite-physique/documents/article/statut-en-vitamine-d-de-la-population-adulte-en-france-l-etude-nationale-nutrition-sante-enns-2006-20073

National Library of Medicine - (1 février 2012). Hypocalcémie : Mises à jour dans le diagnostic et la prise en charge en soins primaires.

MDPI - (2023). The Role of Vitamin D in Skeletal Muscle Repair and Regeneration in Animal Models and Humans : A Systematic Review. Nutrients, 15(20), 4377.

Biomedcentral - (2011). Vitamin D and breast cancer : interpreting current evidence. Breast Cancer Research, 13(4).

ScienceDirect - (2021). Vitamine D et Covid-19. Actualités Pharmaceutiques, 60(605), 52‑55. 

ScienceDirect - (2020b). Vitamine D et risque des infections respiratoires aiguës : grippe et COVID-19. Nutrition Clinique et Métabolisme, 34(3), 211‑215. 

https://www.congres-biomedj.fr/wp-content/uploads/2021/09/6459_Amal-Soulef-Saadi.pdf

MDPI - (2024). Does Vitamin D3 Supplementation Improve Depression Scores among Rural Adolescents ? A Randomized Controlled Trial. Nutrients, 16(12), 1828.

Vous aimerez aussi

Chargement en cours...